Nous sommes au début des vacances et dans quelques jours, nous partons au Maroc.
Pour m’accompagner durant ce périple, j’ai décidé d’acheter un livre dont une amie m’a parlé :  » Soufi mon Amour  » d’Elif Shafak. Je voulais faire de ce voyage un voyage spirituel. J’étais en plein questionnement religieux et j’avais besoin de réponses. Je suis née musulmane, ou plus précisément, à ma naissance mon entourage proche a fait de cette religion mienne. Je l’ai suivi comme ma famille l’a suivi.
Au fur et à mesure que je grandissais, je prenais conscience de quelque chose.
De quelque chose lié aux règles, que j’appliquai sans vraiment les questionner, et j’avais du mal avec cette idée. J’avais du mal à me dire que cette croyance, celle qui rythme ma vie, était un peu comme un trait biologique que j’ai hérité et sur lequel je n’ai aucune emprise. D’où le début d’une remise en question sur ce qui m’a en partie construite.
Je me demandais qu’elle était réellement ma place dans la naissance de ce qui avait été ma propre spiritualité.
C’est le jour J.
Avec la voiture chargée plus que de raison, nous voilà sur les routes qui mènent vers le pays de mes ancêtres. Après quelques heures, j’ouvre le bouquin, je lis la première page et je suis emportée. Je lis avec passion l’histoire vraie de Shams de Tabriz et Djalâl ad-Dîn Rûmî au VIIIe siècle en Iran. L’un est mystique Soufi, l’autre est poète, ouléma (donc « homme de religion » en arabe), écrivain et philosophe.
Leur rencontre prédestinée va bouleverser leurs êtres. Transcendés par le Soufisme, ils vont vivre une histoire d’amitié et d’amour forte et indescriptible.
Lorsque j’ai fermé le livre, mes questionnements ont trouvé leurs réponses : « je veux devenir soufi ». Le Soufisme est une branche plus spirituelle de l’Islam.
Sa philosophie se résume en un mot: l’amour. L’amour que Dieu nous porte, l’amour que nous portons à Dieu. L’amour qui relie l’homme à l’homme, l’homme au monde, l’homme à l’humanité.
Dans cette idéologie, il faut apprendre à se décharger du poids des règles, du poids de la culpabilité religieuse, remettre en question ce qui est interdit et/ou autorisé.
Trouver un réel sens aux principes que nous adoptons, et se défaire de l’image d’un dieu punisseur, maître absolu de nos vies. Tout cela afin de faire éclore une foi sincère et voulue. La bienveillance, la chaleur, la douceur, se dégagent de ce courant dont je suis tombée amoureuse.
Il correspondait à qui j’étais. Cet Islam est universel, parce qu’à travers la religion, il fait exister l’autre, peu importe sa croyance.
Il y a plus de 1000 ans, les personnes avaient un regard ayant au-delà de ce qui est perceptible. Apprenons d’eux. Je terminerai cette lecture par une des quarante règles de l’amour qu’a rédigé Shams de Tabriz:
Une vie sans amour ne compte pas, ne vous demandez pas quel genre d’amour vous devrez chercher. Spirituel ou matériel, divin ou terrestre.
Oriental ou occidental. L’amour n’a pas d’étiquette ou de définition. Il est ce qu’il est, pur et simple. L’amour est l’eau-de-vie et un être aimé est une âme de feu. L’univers tourne différemment quand le feu aime l’eau.

A écouter aussi en podcast ici

Auteure : Fati, 21 ans

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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