Mon média presque parfait

Mon média presque parfait

 

Il y a peu, des jeunes ont participé à un atelier Scan-R autour des médias, de l’information, des news. Après le buffet de l’info proposé par Clémence et le dégoût de l’actualité de Bastien, voici le média presque parfait de Jonathan.

Bus, métro, l’info

Pour commencer, la relation que j’ai avec l’information est surtout tournée vers le journal gratuit Métro, je le lis pendant mon trajet en bus. Après, je n’ai pas vraiment le temps de vérifier chaque article pour savoir si je peux m’y fier ou pas. La forme du média auquel je pense serait soit différents articles comme dans un magazine ou encore comme un livret. Soit il serait sous forme de capsule vidéo ou podcast mais d’une durée assez courte ne dépassant donc pas les 5 à 10 minutes. La dernière forme que pourrait prendre ce média presque parfait serait un article de blog. L’idéal serait qu’il soit accessible pour le plus de personnes possible.

Détente et info

Le contenu que j’aimerais retrouver dans mon média idéal s’organiserait comme ceci : 50 % des informations seraient positives et/ou humoristiques, 50 % des informations seraient tournées de manière à annoncer les mauvaises nouvelles car dans la vie, il n’y a pas que des évènements positifs.

Se faire une idée

Les sources de chaque article seraient indiquées en note de bas de page ce qui permettrait au lecteur d’être certain de la fiabilité de l’article. L’auteur de l’article mettrait également à disposition du lecteur les outils nécessaires pour avoir plusieurs points de vues pour un même sujet. Il serait intéressant d’également indiquer si l’article est factuel ou s’il s’agit d’un article satirique. Enfin, pour ce média presque parfait, l’auteur des articles doit être le plus neutre possible dans ce qu’il rapporte, avec des faits et non des “on dit”.

Auteur : Jonathan, 23 ans, Nivelles

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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Dégouté de l’actualité

Dégouté de l’actualité

Poussé à la réflexion lors d’un atelier Scan-R autour des médias, Bastien s’est rendu compte qu’il y avait bien des choses à dire sur ce sujet. Jusqu’alors il n’avait eu l’occasion de s’interroger sur la relation qu’il entretient avec les médias. Il n’avait, nous dit-il, jamais remarqué à quel point sa relation aux médias avait changé et évolué au cours des dernières années. Pourquoi est-ce qu’il n’en consommait pratiquement plus ? Quelles étaient les raisons ?

Je me concentre sur moi

D’abord, je me suis dit que la première des raisons c’est que ce qui me porte, ce qui me fait vivre en ce moment c’est la recherche d’objectifs. Je ne sais pas encore ni comment je vais vivre ma vie ni à quoi je vais la consacrer. Je me concentre donc exclusivement sur ma personne ainsi que mon entourage proche et tout ce qui m’intéresse alors que les nouvelles du monde ne m’apportent rien dans cette recherche.

Indifférent ou affecté ?

Je me suis demandé ensuite si j’étais indifférent à ce qui ce passe dans le monde ? Bien sûr que non je ne suis pas indifférent aux guerres, aux dictatures, aux pandémies, aux milliers de morts, au racisme ou à l’exclusion d’une quelconque minorité. C’est justement parce toutes ces informations m’affectent énormément que je ne les consomme plus. Elles provoquent chez moi de la colère, de la tristesse, de l’angoisse, et si je peux éviter de ressentir cela je le fais.

Des nouvelles ? Mauvaises nouvelles !

Il fut un temps où je consommais les médias, les informations, l’actualité bien davantage. Je pense qu’il y a plusieurs raisons à cela. La première est que la politique européenne voire même mondiale s’éloigne de plus en plus de mes idéaux, j’ai la sensation que les pays du monde ne cessent de s’approcher des extrêmes. La deuxième chose c’est la sensation que les nouvelles sont de plus en plus mauvaises et se répètent. Je n’ai simplement aucun souvenir d’une bonne nouvelle entendue ou lue dans un journal. Pour moi, aujourd’hui, un des gros soucis de la télévision ou des journaux c’est que, contrairement aux réseaux sociaux, ils choisissent pour nous ce qu’on va apprendre. J’ai rarement un réel intérêt pour les informations que les journaux me donnent. Au contraire, les réseaux sociaux vont te gaver d’informations pour lesquelles tu as de l’intérêt, par contre, ils vont toujours te donner l’info condensée et ils vont tout faire pour que tu restes connecté le plus longtemps possible en te faisant perdre un temps précieux. Sans oublier que les fakes news circulent encore plus vite sur les réseaux sociaux. Pour conclure, je dirai seulement qu’actuellement les médias ne m’apportent rien et que donc je ne souhaite pas en faire usage.

Auteur : Bastien, 20 ans, Nodebais

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Bienvenue au buffet de l’info à volonté !

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Entre malbouffe et information, Clémence trace une série de parallèles plutôt intéressants. Plutôt que de se faire gaver comme un canard, elle nous propose une application magique qui nous permettrait de nous informer, en vrai, de ce qui se passe dans le monde sans tomber dans l’infobésité, sans renoncer à l’info de qualité.

Faim de connaissance

Tout comme la nourriture, la connaissance est aujourd’hui devenue un besoin essentiel car elle a été capitalisée. Je m’explique. De nos jours, posséder de la connaissance, ou un « capital culturel », c’est s’assurer d’acquérir du capital économique, social et symbolique. Autrement dit, de l’argent, une meilleure classe sociale et plus de prestige. Par exemple, si vous étudiez à l’université et obtenez un master, cela vous assure de trouver un bon travail, avec un bon salaire, qui vous permet de vous acheter de belles choses et d’entrer dans certaines strates sociales. La connaissance est donc essentielle pour survivre dans cette société. Malheureusement, l’accès à l’éducation n’est pas le même pour tou·te·s puisque, comme l’explique la revue Sciences Humaines, le concept d’égalité des chances qui est à la base du système éducatif est, en grande majorité, un échec. En effet, un·e élève appartenant à une classe sociale favorisée a sept fois plus de chances qu’un·e condisciple d’un milieu plus précaire de faire partie des meilleurs élèves, et donc d’obtenir ce qu’on pourrait appeler un « bon diplôme ».

Les ingrédients

Heureusement, depuis une cinquantaine d’années, de nouveaux canaux d’éducation apparaissent avec les progrès technologiques. Entre 1955 et 1970, c’est d’abord la télévision qui s’invite dans nos domiciles et nous donne un accès facile à l’information. Ce sont ensuite les ordinateurs et internet qui se démocratisent, suivis de près par les smartphones, les moteurs de recherche et les réseaux sociaux. Cependant, ces nouveaux canaux ont apporté avec eux une nouvelle manière de consommer l’information : le zapping.

Eh oui. Comme le disent Guglielmo Cavallo et Roger Chartier dans Histoire de la lecture dans le monde occidental, avec la télévision est apparue la télécommande, qui a permis de passer de chaine en chaine, créant ainsi un spectacle personnalisé, interactif et fragmentaire, nécessitant un minimum d’attention. On retrouve cette façon de consommer sur les ordinateurs, où on « scroll » et on fait des recherches soi-même sur des moteurs tels que Google. Puis sont arrivés les smartphones. Ils nous ont permis d’installer des applis et de nous abonner à des comptes abordant nos centres d’intérêt, et permettant ainsi un accès toujours plus rapide et toujours plus personnalisé à l’information.

 

L’indigestion

Je compare souvent ces sources d’information aux fast-foods, où, là aussi, on peut créer son menu personnalisé et manger rapidement. Le problème avec les fast-foods ? On ne sait pas toujours ce qu’il y a dedans, on s’en gave, pour au final avoir faim 30 minutes plus tard. Pour l’info, c’est la même chose. Et nous n’avons pas toujours accès à une information fiable, transparente, objective, et complète. On a un surplus d’informations inutiles et indigestes, ce qui ne nous assure pas toujours d’y retrouver les actualités que l’on attend ou dont on a besoin. Et donc, ici aussi, on reste sur notre faim. Selon moi, l’idéal serait de créer un canal d’information équivalant aux fast-goods : rapide, personnalisable, mais assurant l’apport de « nutriments » vitaux, c’est-à-dire d’informations importantes.

Au menu

C’est dans ce but que j’ai pensé à l’outil Food for thought (1), pour smartphone et ordinateur. Son concept de base : terminez votre plat principal pour avoir droit au dessert. Chaque jour, Food for thought proposerait un « plat », une sélection d’articles hyper-condensés et snackable ou grignotable qui rapporteraient quelques actualités brulantes nationales et internationales. Cette sélection serait présentée sur la page d’accueil, sous forme d’un plat où chaque aliment serait cliquable et dévoilerait une info. Une fois le plat terminé, on pourrait gagner un sticker le représentant, qui rejoindrait notre collection. Ensuite, on aurait accès à la « carte des desserts », qui proposerait une multitude de catégories de centres d’intérêt allant des arts aux sciences en passant par les lois, l’environnement et les sports. Chaque catégorie reprendrait les articles les plus récemment publiés par des sources spécialisées, et suite à la lecture de l’un de ces articles on gagnerait également une récompense sous forme de sticker dessert.

 

Le digestif

Food for thought serait donc un outil ludique et personnalisable, tout en conservant une portion « non-négociable » d’articles d’actualité et de culture générale. Sa vocation première serait de rendre les informations accessibles et compréhensibles pour tou.te.s, afin de résorber au mieux l’inégalité dans la possession de capital culturel et, immanquablement, de capital économique, social et symbolique. C’est pourquoi j’encouragerai les écoles à se munir de l’outil Food for thought afin de fournir à leurs élèves une base de données, de sources, qui leur permettrait d’étudier et de travailler sur des sujets qui les intéressent, tout en étant tous sur un même pied d’égalité. Le but de ce projet, ce serait de permettre un accès à la connaissance et à l’information aussi facile que de se lever pour aller se resservir au buffet !

(1) On pourrait traduire cette petite expression par de la nourriture à penser.

Auteure : Clémence, 24 ans, Namur

Cet article a été écrit lors d’un atelier Scan-R à distance

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