Les petits avis, épisode 140

Les petits avis, épisode 140

Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc dans un seul article sobrement intitulé “Les Petits Avis”.

A ne pas oublier, Ririne, 23 ans, Bruxelles

Si j’avais un micro, qu’aimerais-je annoncer au monde entier ?

Ne pensez qu’à vous mais ne vous oubliez pas. Soyez francs et bienveillants à la fois. Riez comme vous le voulez mais ne vous empêchez pas de pleurer.

Osez mais permettez-vous d’appréhender. Finalement, trouvez l’équilibre, le mélange parfait entre vous et les autres.

Il reste une ombre, Willy, 59 ans, Charleroi

Tout au long de notre vie, il y a un mot que l’on prononce souvent : « Adieu ». Ce mot, nous le disons à toutes les personnes qui sont parties vers un autre monde, celui de l’univers éternel. Quand on monte vers ce monde, on cherche une chose : une étoile, pour briller dans le ciel et montrer que, de là-haut, elles continuent de nous regarder. Le seul message qui reste en nous, c’est la mémoire de leur souffrance — marcher sans but, chercher de quoi manger, trouver un endroit chaud où dormir, plutôt que de reposer sur un sol froid où le corps se glace. Parfois, notre propre corps finit aussi par dire adieu, car il ne veut plus souffrir, ni endurer les insultes, les coups ou le harcèlement. Même lorsque l’on veut parler, il est difficile de trouver une personne de confiance. Alors on reste seul avec sa douleur, parce que personne ne comprend vraiment notre vie.

L’épuisement finit par nous conduire vers ce mot terrible : la tombe, notre dernière demeure, où l’on part avec nos cicatrices pour enfin se reposer en silence. Pourtant, il reste une ombre de nous lorsque nous ne sommes plus là — nos traces, nos pas sur le monde, nos souvenirs dans la mémoire de ceux qui restent. Parfois, on n’a plus la force de se battre, parce qu’on vit dans une société indifférente, une société qui blesse. Par moments, je ne trouve plus les mots, car la vie m’a donné tant de leçons, souvent marquées du mot échec.

Comment ne pas flancher, comment ne pas craindre ce mot cimetière, quand le monde devient sourd à nos cris, à nos drames ?

Alors, on voudrait simplement vider votre tête et trouver enfin la paix.

NDLR : Parfois, Scan-R partage la parole des personnes ayant plus de 30 ans. Elles écrivent au sein d’institutions en lutte contre la précarité.

Auteurs/es : Willy, Ririne

CES PETITS AVIS ONT ÉTÉ PRODUITS LORS DE DIFFERENTS ATELIERS SCAN-R.

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Racisme dans le tram

Racisme dans le tram

Toutes et tous, nous sommes parfois, les témoins d’une scène profondément injuste. Avoir le courage d’ouvrir la bouche et de manifester son désaccord face à ces situations n’est pas facile du tout. Comme le dit Raïssa, on a tendance à ne pas faire de vague supplémentaire, à rester neutre. C’est contre cette neutralité qu’elle nous invite à nous battre.

Dans le tram

Juin, on est en fin d’année scolaire, c’est le déconfinement. On peut, à nouveau, sortir et essayer de reprendre un mode de vie normal. Je prends le tram pour me rendre chez mon prof de math. Arrivée à la station Pétillon, un homme qui me semble ivre rentre dans le tram. Il agresse verbalement une fille. Les propos sont assez vulgaires. Il oblige la jeune femme à quitter sa place pour la lui prendre. Ensuite, il commence à crier en flamand, à faire référence à l’extrême droite, à dénigrer le mouvement “Black Lives Matter.” Un moment, une vieille dame et un vieux monsieur blancs lui crièrent d’arrêter et l’homme ivre les insulta de tous les noms pour qu’ils se taisent. Il s’en prend ensuite à tout le monde, Blancs, Noirs, Jaunes… À part la vieille dame et le vieux monsieur, personne n’ose prendre la parole pour affronter ce monsieur. J’imagine que c’est surement par peur que les gens ne réagissent pas et je trouve cela dommage.

Rien ne change

Quelques jours plus tard, mon amie polonaise emprunta la même ligne de tram, passa par la même station. Elle aussi a été interpelée et insultée par ce même monsieur. Elle en est très choquée. Elle précisa encore que des gens l’ont aidée à se débarrasser de l’homme mais, encore une fois, personne n’a dit à ce monsieur qu’il devait arrêter ce qu’il faisait. On en revient toujours au même point : les gens ont peur de parler et d’affronter les choses, pour moi, ils sont neutres, autrement dit ils ne se positionnent pas par rapport à ce qu’il se passe.

Quitter la zone neutre

Ce n’est pas en ne faisant rien qu’on fait avancer les choses ! Ce n’est pas avec cette neutralité que cet homme arrêtera de s’en prendre à n’importe qui. Si tous les passagers se regroupaient et disaient, ensemble, au monsieur d’arrêter, il ne resterait pas là. Ce qui est vrai pour le tram est vrai pour la société en général. Si ensemble, on se battait contre le racisme, l’homophobie et plein d’autres choses, on ferait avancer le monde et l’univers ! À l’inverse, si chacun, si chacune reste dans son coin, reste neutre face à une situation, il y aura aucune évolution. Comme je dis toujours, la neutralité est signe de complicité.

Auteure : Raïssa, 17 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R 

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