2500. La Terre n’est plus le berceau de l’humanité. Il ne s’agit plus de tutoyer son thermostat ou d’utiliser l’eau de ses pâtes pour prendre une douche.

La chaleur ambiante est invivable et l’eau vient à manquer.

Que faut-il faire ? Roger Rabbi fut élu cosmonaute de l’année. Son plan est simple. Reposer un pied sur la Lune, histoire de coloniser un territoire où tout serait possible, où la vie et l’espoir renaitraient de leurs cendres. Rabbi est déterminé. Il prépare son envol comme nul autre.

Une fois la fusée décollée, il contemple une sphère orangée, face à son hublot. La Terre est si sèche, il était temps de voir ailleurs.
Une fois sur la Lune, Rabbi se promène directement. Quel est son premier réflexe ? Arracher le drapeau américain et planter son slip. Fier et hardi, Rabbi ricane avant d’entendre une série de bruits. Des lombrics apparaissent par milliers. Le voici encerclé. Les arrivants chantent une mélodie cacophonique. Rabbi ne souhaite pas s’enfuir. Tétanisé de peur, il préfère observer les créatures.

« Tiens, tiens, tiens, la Mère Terre nous envoie de la compagnie », annonce lombric jaune.

Lombric vert enchaine : « Moi, j’l’aimais bien ce drapeau étoilé… je venais prier régulièrement juste à côté, comme me l’avait demandé Stanley Kubrick ».

Rabbi est stupéfait. Ces êtres savent parler sa langue ! Il reprend ses esprits et crie : « Je suis venu en paix ! Les humains vont disparaitre ! Nous sommes obligés d’être solidaires. Laissez-nous votre habitat. J’ai l’impression qu’on peut y vivre ».

Lombric rouge réplique : « Quel humain ? Je ne vois pas d’humain à l’horizon ».

Les vers explosent de rire. Rabbi ne comprend pas. Il décide d’enlever son gant pour montrer sa main d’être humain. Mazette ! Une patte de lapin. Il sent aussi des oreilles dépasser de son casque. « Moi, un lapin ?! », hurle-t-il.

Tout est relatif. Rabbi est un inconnu de plus, paumé au sein de la galaxie.

Qui est-il pour faire la morale ? Qui est-il pour imposer son idéologie ? Personne. Les lombrics lui posent un lapin.

Auteur : Bruno, 28 ans, Liège

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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