Dans le cadre du festival PolitiK (qui s’est tenu à Liège fin 2025), Constance découvre le documentaire No Other Land, réalisé par un collectif palestino-israélien, souhaitant montrer les tragédies vécues par le peuple palestinien, en Cisjordanie. Elle partage alors son ressenti. 

En sortant de ce visionnage, il ne me reste plus que le silence. Les mots ne sont pas d’une grande aide quand on ne sait ce que l’on souhaite exprimer. Ce silence ne m’empêche toutefois pas de ressentir. Ce documentaire a mis mon corps à rude épreuve : mes yeux ne voulaient plus voir, ni mes oreilles entendre. Aucune position ne me semblait confortable.

Comment est-ce possible ?

Le pouvoir est dévastateur. Il ravage l’âme et ne laisse que du sang sur les mains.
Qui croient-ils être pour se permettre de déloger toute cette population ?
Leur cerveau a dû être retourné. La haine a été attisée, c’est sûr.
Quand l’autre devient l’ennemi, il n’y a plus rien à gagner, mais bien tout à perdre.

Je ne veux pas oublier ces images. Je veux en être, de ceux qui espèrent. Je veux m’engager auprès de toutes ces autres étincelles vivantes, qui luttent pour le droit de tout•e un•e chacun•e à exister, à occuper une place. Depuis ma naissance, beaucoup de choses ont été choisies indépendamment de ma volonté et le cours de ma vie n’est pas de mon unique fait. J’ai conscience d’avoir acquis certains privilèges uniquement de par ce que je suis, tout comme d’autres en sont, à contrario, privés, justement de par ce qu’iels sont.

C’est injuste et le dire, l’écrire, est un nécessaire début. C’est le coup de pédale indispensable à donner avant d’enchaîner les routes sinueuses du combat citoyen. J’aimerais ne pas être seule dans cet engagement. Cela m’importe de pouvoir y embarquer mes ami•es ou, tout du moins, que nos avis convergent et que l’on s’élève réciproquement dans nos réflexions, nos actions.
Je souhaiterais aussi plus que tout aimer cet•te autre, qui choisira d’être à mes côtés pour vivre pleinement cette aventure, dans tous ses aspects, même les plus intensément dévastateurs.

Je terminerai par citer Cyril Dion, qui s’interroge sur ce qui peut être mis en place pour continuer à espérer : « L’espoir est constitutif de la nature humaine. La condition humaine consiste à opposer des dynamiques de vie à des dynamiques de mort, en permanence. C’est parce qu’on sait que la vie est courte qu’on fait en sorte que chaque journée soit la plus intense, la plus passionnante possible. Face à des périls comme la montée du fascisme et la dévastation écologique, on n’a pas d’autres choix que d’être dans la même démarche.

La meilleure façon d’agir, c’est de faire des choses qui nous rendent vivants, qui nous rendent heureux. Mais aussi de revenir dans l’ici et maintenant. Se décharger de l’idée qu’il va falloir sauver le monde, qu’on n’a pas le temps. On fait évidemment tout ce que l’on peut mais, ultimement, les choses ne sont pas dans nos mains à nous ».

Auteure : Constance, 28 ans, Liège

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

Et d’autres récits

Amis

Les amis font parties intégrantes de nos vies. L’amitié chez les jeunes, comment influence-il notre quotidien et notre personnalité ? L’amitié joue un rôle essentiel, surtout à notre âge, car elle...

Rien n’est figé

Scan-R mène parfois des ateliers d’expression dans le cadre de projets spécifiques, comme le projet « Argent en mots » consacré à l’éducation financière. L’objectif du projet : permettre aux jeunes...

Le vol qui a duré 10 minutes

Durant nos ateliers, nous proposons aux jeunes d’écrire un texte en partant de cette phrase au sens ambigu : « Le vol avait duré 10 minutes ». L’objectif : leur montrer que la créativité peut être...

L’auto-pression !

La jeunesse d’aujourd’hui c’est la pression que l’on s’inflige pour notre avenir et que les profs nous inflige également. Les profs souvent ne prêtent pas attention à notre mal être. Ils ne se...

Raconte un bout de ton histoire

Des MENA (= Mineur·e étranger·e non accompagné·e) et leurs encadrant·es ont été invité·es à s'exprimer sur leur histoire migratoire, dans un atelier PCI chez Interra. Noura, 16 ans, Liège Le plus...

Le silence après toutes les réponses

Et si tout devenait trop facile ? Et si plus rien ne pouvait vraiment me surprendre ? A première vue, être la personne la plus intelligente au monde semble être un rêve. Pourtant, je pense que je...

Après l’info

Scan-R part à la rencontre des adolescent·es. Cette fois, l'objectif est de se concentrer sur le journalisme actuel. Après l'exposé, les jeunes font part de leurs réflexions.  TV dégoût, Ella, 17...

L’agénésie du corps calleux

Le plus fou dans ma vie est de ne pas trouver de remède à l’agénésie du corps calleux. Pourquoi j’écris ça ? De un, j’ai cette malformation. De deux, cette maladie est rare (exemple : il manque une...

Le revoir

Ce qui me manque le plus c’est mon père car ça fait 5 ans qu’il est décédé. Et ça fait 6 ans que je ne l’ai pas vu. La dernière fois que je l’ai vu, c’était quand j’ai dû quitter mon pays en 2020....

La critique, toujours ?

Scan-R rencontre des adolescent·es dans une école verviétoise. Ces jeunes s'expriment alors au sujet du regard des autres.  La critique, toujours ?, Florian, 16 ans, Verviers Il y aura toujours des...