L’enfer est pavé de bonnes intentions

L’enfer est pavé de bonnes intentions

J’ai longtemps cru que je faisais le bien, que j’agissais toujours en connaissance de cause. J’ai nourri l’illusion douce et réconfortante d’avoir raison, simplement parce que mon cœur était tourné vers le bien.

Mais quelle amère déception…

J’ai découvert que vouloir le bien d’autrui ne signifie pas nécessairement le lui offrir. Certains ne veulent pas d’aide, certains n’ont pas les mêmes envies que nous. Il en est même qui vivent sous des étoiles étrangères, avec des repères qui échappent à ma compréhension.

Et moi, j’en ai fait l’amère expérience.

En psychologie, on me qualifierait de Sauveur. Ce rôle fait partie du triangle dramatique de Karpman, qui décrit trois comportements : le Sauveur, la Victime, et le Persécuteur, des rôles qui s’inversent souvent.

J’ai aimé trois femmes. Trois femmes formidables, mais qui traversaient des situations de vie complexes… Instinctivement et sans en avoir pleinement conscience, j’ai voulu les sauver, leur prouver mon amour en les aidant.

Mais le Sauveur, tel un alchimiste maladroit, transforme parfois l’or en plomb : être un Sauveur mène presque inévitablement à une perte de responsabilités chez l’autre, à l’isolement, à la délégation systématique, et finit par transformer le Sauveur… en Persécuteur.

Quelle ironie, n’est-ce pas ?

Ces bonnes intentions qui se muent en chemins vers l’enfer.

Même si ma nature m’incitera toujours à vouloir aider les autres, je dois accepter que ce n’est pas toujours mon rôle, aussi difficile soit-il. La bonté n’est, après tout, qu’un référentiel propre à chacun.

N’oublions pas que Dieu permet les horreurs et que Lucifer… était, avant tout, un ange.

A écouter aussi en podcast ici

Auteur : Robin, 21 ans, Flémalle

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R.

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Hypersensibilité : Effet de mode ou réel trouble émotionnel ?

Hypersensibilité : Effet de mode ou réel trouble émotionnel ?

Pendant longtemps, on nous disait « sensibles » quand on pleurait devant un film ou « émus » face à une situation, mais depuis le mot « hypersensibilité » revient en masse, notamment sur les réseaux sociaux. Mais l’hypersensibilité, c’est quoi ? Pour la faire simple, c’est un trouble émotionnel de sensibilité dite « excessive ». En gros, les émotions sont décuplées face à des situations qui peuvent paraitre banales pour d’autres.

Rire aux éclats face à une blague pas forcément drôle, pleurer devant un ami ému ou un couple de petits vieux amoureux. Être ému par la beauté de certaines choses. Être sensible aux sons et lumières, parfois avoir du mal avec le contact physique. Et si on doit parler de choses moins chouettes, il y a l’anxiété, pas simplement l’anxiété d’aller à un rendez-vous mais une anxiété constante, pour tout, tout le temps. Avoir 1000 choses en tête en même temps, penser toujours penser, toujours cette petite voix en tête qui te dit : « tu es sûre de toi ? ».

C’est aussi être touché par des petites choses, être vite blessé par des actes ou des paroles pas méchantes pourtant. Être aussi une éponge émotionnelle et prendre trop à cœur les problèmes des autres. C’est un trouble qui se travaille avec beaucoup de patience. Il faut apprendre comment ça fonctionne ? Pourquoi je réagis comme ça ? Qu’est-ce que je peux faire pour réguler mes émotions ?
Tout un chemin d’apprentissage et de questionnement sur toutes les émotions ressenties pour pouvoir gérer au mieux. Beaucoup en parlent et le comprennent, en allant chez un spécialiste, d’autres le découvrent seul. Et, enfin, beaucoup l’inventent suite à l’influence des réseaux sociaux.

Le terme « hypersensibilité » est énormément utilisé sur les réseaux, mais cela ne devrait pas être pris à la légère; c’est un réel trouble qui est plus facile à gérer pour certains et très difficile pour d’autres. Quant à moi, ça fait maintenant 8 ans que je vis avec, il a fallu énormément de temps pour vraiment comprendre ce qui m’arrivait, mais je travaille dessus tous les jours et mon hypersensibilité est devenue ma force aujourd’hui. Et, non, la vie ne s’arrête pas lorsqu’on s’énerve à cause d’un pot de cornichon qu’on n’arrive pas à ouvrir ou parce qu’on pleure devant une pub où le petit garçon a pu avoir une voiture télécommandée à Noël.

N’oubliez pas le temps fera les choses et tout arrive à point à qui sait attendre.

Auteure : Maryne, 25 ans, Namur

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.