Depuis petite, j’ai toujours suivi ce qu’on me disait de faire. Aller aux cours, rentrer à la maison, étudier, faire mes devoirs, me rendre à mes activités extra-scolaires. Tout s’enchaîne tellement bien quand on suit machinalement ce que la société veut que l’on fasse. Pourtant je sens, depuis toujours, une sorte d’ombre planer au-dessus de moi. J’ai pris du temps à comprendre ce que signifiait cette ombre qui pesait sur moi. Car honnêtement, je l’ai souvent ignorée car elle me faisait peur. Peur de ne pas comprendre ce qui ne me permettait pas de profiter pleinement de ma vie.

Et puis un jour, j’ai compris. La vie n’a pas de sens. Tout ce qui tourbillonne autour de nous n’existe pas vraiment. Les lois, la politique, les codes sociaux ont été créés de toutes pièces. On vit nos vies mécaniquement, on suit un schéma, et on ne sait même pas pourquoi. J’ai un toit, deux parents qui m’aiment, je mange à ma faim. Mais, je ne comprends pas le sens de la vie. Pourtant, en 20 ans d’existence, je l’ai déjà bien remplie ma vie. Escalade, théâtre, voyage, soirées, amitiés. J’en ai vécu des belles expériences, des belles rencontres. Mais malgré tout cela, l’ombre plane au-dessus de moi, il y a des jours où elle est plus opaque que d’autre et il y a des jours où elle devient tellement fine que je l’oublie.

J’ai donc une ombre qui vit en moi et je dois faire avec. Pour faire avec, j’essaie de de la comprendre, de l’apprivoiser. Que signifies-tu réellement petite ombre embêtante ? Tu es un peu comme un grand œil qui observe toute ma vie. Tu vois ce que je fais et tu te dis « à quoi bon, je vais mourir de toute façon ». Aaah c’est donc ça, madame l’ombre, tu es un signe avant-coureur que la vie a une fin. Essayons de passer outre. La vie a une fin donc la fin a une vie. Moi je vis. Je vais à l’université, je suis cheffe scoute, je fais partie d’une troupe de théâtre. Je fais tout cela car je vis. Même si, fondamentalement, je n’y vois pas de réel sens, toutes ces choses me permettent de vivre.

Et puis, je sais que je ne suis pas seule. Je sais que beaucoup d’humains ont leur propre ombre qui leur plane au-dessus de la tête. Et si notre but à tous était de combattre cette ombre ? Oui c’est cela le but de la vie ! Transpercer de plein fouet cette ombre par de nombreux rayons de soleil. Mes amis, mes parents, mes convictions éclairent cette surface sombre et lui laissent de moins en moins de place. Au plus je remplis ma vie, au plus je m’investis dans ce que j’entreprends, au plus je me mets à rayonner. Au cours du temps, j’apprends à vivre avec cette partie négative en moi, cette partie qui n’arrive pas à se raccrocher à un sens et au cours du temps, j’apprends aussi à profiter des beaux moments, à sauter de joie pour des banalités et à m’investir dans de beaux projets. Car, puisque la vie a une fin, je préfère bien la remplir. La remplir à l’aide de positif, tout en acceptant le négatif. Essayer de faire en sorte que mes pensées ne viennent pas tout bousiller. Je pense que c’est un peu ça le combat de chaque homme, combattre nos pluies intérieures à l’aide de rayons de soleil, afin de créer de beaux arcs-en-ciel. Car la vie est faite de nuance, même si je n’y vois pas toujours un sens, au moins je pense, je réfléchis, je me construits. J’évolue au cours du temps et quand mon ombre prend trop de place, je la regarde et la laisse repartir en me disant que s’il y a de l’ombre, c’est qu’il y a, quelque part, du soleil pour la créer.

Auteure : Eloïse, 20 ans, Bruxelles

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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