Depuis ma plus tendre enfance, j’ai été confrontée à deux cultures différentes, la belge et la congolaise.

Le plus compliqué pour moi est le fait que je sois née belge mais qu’on s’attende à ce que j’agisse comme une Congolaise.

Mon père m’a toujours dit que j’étais belge, ce qui me privait de revendiquer mon autre côté. Quoi que je fasse, j’étais toujours belle à ses yeux. L’apprentissage du lingala m’est venu naturellement au fil des années mais avec les moqueries de mes tantes, j’ai eu honte de continuer, car mon accent me trahissait. La plupart des étudiants apprennent l’histoire de la colonisation belge à l’école, moi, je l’ai apprise à la maison. Ma visite à l’AfricaMuseum m’a fait questionner concernant les motivations de mes parents, en ayant choisi ce pays comme refuge. Pourquoi ici ? Un pays si compliqué avec un passé sensible mais bon, il y a aussi des bons côtés.

Les saints Nicolas passées tant bien à l’école qu’à la maison, les conversations en frangala où je demandais les traductions de certaines expressions n’existant pas en français, l’excellente nourriture congolaise qui réchauffe mon cœur.

Tout se complique pour moi maintenant, car en tant que jeune adulte, il y a certaines traditions que je laisserai à l’ancienne génération. Par exemple, la dot est symbole de richesse pour les uns et symbole de misogynie pour les autres. Pour moi, c’est juste une célébration avant le mariage qui relie les époux à leur culture. L’amour ne devrait pas venir avec un prix. Le fait que les femmes doivent êtres calmes et obéir à la patriarchie. L’expression « Kanga Motema » en est une triste illustration. Littéralement « Fermer son cœur », c’est-à-dire, garder pour soi toutes les injustices qu’une femme peut subir, parce qu’elle n’a pas son mot à dire.

Vous me diriez là : « Chloé, ton côté belge ressort ». Et oui, figurez-vous que je vais en profiter. Ce n’est pas parce qu’il y a des mauvais côtés dans les deux cultures que je vais les rejeter.

Mon rêve est qu’un de ces jours, je puisse fouler la terre où mes parents sont nés, pouvoir m’immerger dans cette culture, ce mythe et profiter à fond de la vie. Je veux continuer à vivre en tant que congolaise par la danse, la mode, la nourriture et la culture mais je remercie la Belgique d’avoir accueilli mes parents, m’offrant la sécurité et autre partie de moi-même à découvrir.

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Auteure : Chloé, 19 ans, Liège

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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