“Ouuh connecte-toi à ton enfant intérieur, ouuh”.
Mon enfant intérieur, elle n’a pas les mains pleines de terre, des fourmis dans les poches, et elle râle parce qu’on ne comprend jamais ce qu’elle veut dire. Elle est en moi, je le sais mieux que quiconque parce que je dois la tirer par le bras alors qu’elle crie et enfonce ses talons dans la boue pour bouger le moins possible. Du coup, on n’avance pas. Ca fait un bout de temps qu’on n’a pas avancé. On regarde le monde passer, à la fois au ralenti et en accéléré. Il est d’avis que ça ferait un très mauvais film. Elle, elle s’en fout, elle retourne à ses cailloux. Toute seule. Elle dit que les autres ne comprennent juste pas, et tant pis pour eux, mais à force, il y a cette espèce de tabou qui se crée et même quand elle se lave les mains pour jouer, ce n’est pas assez.
Elle a essayé d’en faire plus.
Auteure : Clémence, 20 ans, Liège
CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

