Sur cette image, je vois une serrure, une serrure qui représente l’information. Une information factuelle qui n’attend que d’être racontée. Elle ne s’ouvre pas à n’importe qui, ni n’importe comment. Elle attend la bonne clé, celle qui respecte sa forme.
Autour d’elle, il y a ces clés différentes. Elles ne se ressemblent pas, et c’est justement là que tout commence. Parce que chaque clé, c’est un média. Chaque clé porte une intention, une manière de raconter.
La première clé, dorée, presque trop belle pour être honnête, c’est le média qui attire avant d’informer. Celui qui veut séduire.
La deuxième clé, plus simple, plus sobre, plus droite, c’est le média qui cherche réellement à ouvrir la serrure. Il sait que l’information n’est pas un spectacle, mais un travail.
La troisième clé, sculptée comme une petite maison, c’est le média qui raconte depuis une émotion. Il peut éclairer d’une manière que les autres ignorent, mais il peut aussi enfermer dans une vision trop étroite, trop personnelle. Il ouvre certaines portes, mais pas toutes.
Et puis il y a cette petite clé posée à plat, presque oubliée, elle ne s’impose pas. Mais parfois, c’est elle qui correspond le mieux à la serrure. Ce sont les médias indépendants. Ils ne cherchent pas la gloire, ils cherchent juste à ouvrir.
Cette image raconte l’histoire de l’information, certaines clés l’ouvrent, d’autres l’abîment, d’autres encore inventent une serrure qui n’existe pas. Mais la serrure, elle, ne change pas. Elle ne s’adapte pas aux clés. Ce sont les clés qui doivent s’adapter à elle.