Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc dans un seul article sobrement intitulé “Les Petits Avis”.
A ne pas oublier, Ririne, 23 ans, Bruxelles
Si j’avais un micro, qu’aimerais-je annoncer au monde entier ?
Ne pensez qu’à vous mais ne vous oubliez pas. Soyez francs et bienveillants à la fois. Riez comme vous le voulez mais ne vous empêchez pas de pleurer.
Osez mais permettez-vous d’appréhender. Finalement, trouvez l’équilibre, le mélange parfait entre vous et les autres.
Il reste une ombre, Willy, 59 ans, Charleroi
Tout au long de notre vie, il y a un mot que l’on prononce souvent : « Adieu ». Ce mot, nous le disons à toutes les personnes qui sont parties vers un autre monde, celui de l’univers éternel. Quand on monte vers ce monde, on cherche une chose : une étoile, pour briller dans le ciel et montrer que, de là-haut, elles continuent de nous regarder. Le seul message qui reste en nous, c’est la mémoire de leur souffrance — marcher sans but, chercher de quoi manger, trouver un endroit chaud où dormir, plutôt que de reposer sur un sol froid où le corps se glace. Parfois, notre propre corps finit aussi par dire adieu, car il ne veut plus souffrir, ni endurer les insultes, les coups ou le harcèlement. Même lorsque l’on veut parler, il est difficile de trouver une personne de confiance. Alors on reste seul avec sa douleur, parce que personne ne comprend vraiment notre vie.
L’épuisement finit par nous conduire vers ce mot terrible : la tombe, notre dernière demeure, où l’on part avec nos cicatrices pour enfin se reposer en silence. Pourtant, il reste une ombre de nous lorsque nous ne sommes plus là — nos traces, nos pas sur le monde, nos souvenirs dans la mémoire de ceux qui restent. Parfois, on n’a plus la force de se battre, parce qu’on vit dans une société indifférente, une société qui blesse. Par moments, je ne trouve plus les mots, car la vie m’a donné tant de leçons, souvent marquées du mot échec.
Comment ne pas flancher, comment ne pas craindre ce mot cimetière, quand le monde devient sourd à nos cris, à nos drames ?
Alors, on voudrait simplement vider votre tête et trouver enfin la paix.
NDLR : Parfois, Scan-R partage la parole des personnes ayant plus de 30 ans. Elles écrivent au sein d’institutions en lutte contre la précarité.
Auteurs/es : Willy, Ririne
CES PETITS AVIS ONT ÉTÉ PRODUITS LORS DE DIFFERENTS ATELIERS SCAN-R.

