Dès le départ, Scan-R essaye de valoriser la parole de chacune et de chacun ! Parmi les textes que nous recevons, certains sont trop brefs pour faire l’objet d’un post, nous les rassemblons donc dans un seul article sobrement intitulé “Les Petits Avis”.

Promenade, Anonyme, Liège

A Liège, j’adore plus que tout me promener.

Premièrement, ça ne coûte pas d’argent. Pour aller se promener, pas besoin de forcément dépenser. Deuxièmement, ça pourrait aider à sortir de chez soi et de sortir de sa zone de confiance. Troisièmement, ça pourrait aider à faire une activité sportive et être plus actif.

Un petit conseil à vous donner : sortez de votre zone de confort et allez faire de nouvelles choses.

Liberté de choisir, Anonyme, 25 ans, Theux

Si un jour j’ai des enfants, j’aimerais que même mon petit garçon puisse porter du rose s’il en a envie. La liberté de choix lui revient. En ce qui concerne les tâches, j’inviterais tout le monde à y participer telle une équipe, ils vont apprendre à s’entraider.

Ils pourront découvrir tout ce qu’ils veulent pour leur faciliter un choix plus tard…

Il n’y a pas des choses que seules les filles ou seuls les garçons peuvent faire uniquement. C’est une équipe…

La lumière percera le brouillard, Willy, 58 ans, Charleroi

Toute notre vie, on sera jugé, critiqué, mis en doute sur ce que l’on fait. Beaucoup oublient que tous ces mots font très mal. Pourtant, on ne demande qu’une seule chose : vivre sans critique, sans jugement, et que cessent vos doutes sur nous. Je suis déçu de devoir toujours rendre compte de ce que je fais, de devoir supporter ces mots qui blessent. Je n’ai pas besoin de vos remarques qui me font mal, car je suis déjà prisonnier de mon passé, prisonnier de la rue.

Chaque jour, je ressens ce poids sur ma poitrine, cette douleur qui ne me quitte pas. Je vois tant de personnes qui vivent dehors, qui dorment sur un carton, avec, pour seule protection, une couverture. Ce qui me fait le plus mal, c’est de voir arriver des enfants, chassés par leurs propres parents, comme mes amis et amies, expulsés des villes et des squats. Depuis un moment, je le dis : il n’y a plus de dignité humaine.

Chaque nuit, avant de dormir, j’écoute de la musique, j’entends les hommages aux morts de la rue, les chansons pour ces femmes qui sont décédées dehors. L’indifférence détruit notre cœur et notre corps brûle à petit feu, lentement, dans un brouillard de tristesse et de solitude. Je crois que notre image de SDF va nous suivre toute notre vie, que cela restera gravé dans notre mémoire d’humain. Quelle douleur dans la tête, dans la poitrine ! Les mots « deuil », « drame », « souffrance », « doute », « blessure » et « peur » envahissent mes pensées, jusqu’à préférer le silence.

Ce qui fait encore plus mal, c’est d’être trahi par une personne en qui j’avais confiance. Maintenant, je garde en moi une déception profonde et un chagrin qui ne cicatrise pas. Je suis épuisé, fatigué de cette bataille quotidienne. Parfois, je sens ma force flancher, je vacille sous le poids de tout ce que j’ai vécu. Quand pourrais-je enfin trouver une guérison ? Je ne sais pas si je serai un jour heureux, ou si j’aurai droit à un peu de bonheur dans ma vie et dans mon logement. Oui, bien sûr, je ne cherche plus un abri ou un squat, où dormir ou me reposer, puisque maintenant j’ai un appartement. Mais la bataille n’est pas terminée. Il faut du courage et de la force pour continuer, pour avancer dans ce brouillard, pour espérer que, petit à petit, mes blessures cicatrisent. Peut-être qu’un jour, la lumière percera ce brouillard et que je pourrai enfin respirer, le cœur un peu plus léger.

NDLR : Parfois, Scan-R partage la parole des personnes ayant plus de 30 ans. Elles écrivent au sein d’institutions en lutte contre la précarité.

Auteurs/es : Anonymes, Willy

CES PETITS AVIS ONT ÉTÉ PRODUITS LORS DE DIFFERENTS ATELIERS SCAN-R.

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