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Difficile de savoir où nos pas nous conduisent… Pour Benjamin, qui se définit, au début de son récit, comme un « gamin de cité », il passera d’une face à l’autre, de la destruction à la réparation, à la reconstruction. Après avoir baigné dans une violente délinquance, il a décidé de s’engager positivement pour le reste de sa vie. Rencontres et projets l’aident à construire son quotidien et celui de l’autre.

Ceci est mon histoire. À 13 ans, j’ai fait des conneries dont je ne suis pas fier. À l’époque, j’étais dans une bande de copains. Avec eux, j’ai fait les 401 coups : je me suis battu, j’ai cassé des voitures et bien d’autres choses de « jeunes de cités ». Un jour tout a basculé. Alors que je me promenais dans la rue, j’ai entendu des cris et je me suis approché. C’était mon bon pote, il était en train de se faire engueuler par ses parents. Ils avaient découvert des vidéos. Sur ces vidéos, on nous voyait en train de commettre les conneries citées plus haut. J’ai tout de suite compris ce qu’il se passait : une victime était là aussi, elle montrait ce que nous faisions. J’ai pris la fuite.

Le déclic
Quelques semaines après, j’ai eu droit à une descente de police chez moi. Les forces de l’ordre ont tout retourné et fouillé mes affaires pour trouver des preuves. Ensuite, j’ai été arrêté. J’ai été interrogé durant de longues heures, ça n’en finissait pas. Je niais des faits que je savais pourtant bien avoir commis. Je gardais la tête haute. J’espérais qu’ils lâchent l’affaire et j’espérais même une libération. Cela ne n’est pas passé comme cela… J’ai été placé en garde à vue et j’ai passé la nuit au poste. Il faisait froid. J’avais juste une couverture de survie pour me couvrir. Je gardais toutefois la tête froide. À bout, épuisé, je finis par m’endormir. Cette nuit-là a été la nuit du déclic. Pour la première fois, j’ai pris conscience que j’avais commis des actes répréhensibles, graves. Le lendemain, j’ai été déféré au tribunal. Face à la juge, je ne cherchais plus à nier les faits. J’assumais pleinement. La juge m’a dit d’un regard ferme et soutenu que je ne devais pas être un méchant gamin mais que la punition qu’elle allait m’affliger me ferait du bien. La sentence tombe : 15 jours d’IPPJ.

DE l’IPPJ à l’école
Ce séjour en IPPJ, je m’en souviendrai. J’y ai fêté mes 14 ans. Ce fut le premier anniversaire sans ma famille. Là-bas, c’était un camp de vacances. Il y avait une salle de cinéma et une autre de sport. Le cadre n’était pas très sévère même si on ne se la coulait pas douce. Mais cela m’a aidé à réfléchir. J’ai rencontré des psychologues et d’autres professionnels. Cela m’a aidé. J’ai vu, pour la première fois, ma mère pleurer. J’ai pris conscience que je devais me calmer. En fait, c’était surtout les menottes et le cachot, avant d’entrer en IPPJ, qui ont provoqué le déclic chez moi.

Après, je suis retourné à l’école. J’ai commencé un petit peu à étudier. Je faisais toujours des petites conneries mais je ne me suis jamais fait choper. Il ne fallait plus que le cauchemar revienne. En dehors de l’école, j’étais chez les scouts. Je me suis intéressé au secourisme. Je me suis formé et je suis devenu secouriste. Cela m’a beaucoup aidé. J’ai fait des bonnes et belles rencontres que je n’aurais pas faites sans la Croix-Rouge. J’ai appris des valeurs essentielles comme l’humanité, la fraternité, assumer et la responsabilité.

Rêver plus loin
La page sombre de mon existence est donc aujourd’hui définitivement tournée. J’ai des projets. Maintenant, je suis secouriste 112, animateur chez les scouts et producteur de films dans une maison de jeunes. J’ai un rêve : ouvrir une asbl pour partager avec d’autres jeunes ma passion pour la création de vidéos.

Auteur Benjamin, Herstal, 19 ans

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R au Service Citoyen

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