Depuis que je suis adolescente, il est rare de me croiser sans eyeliner. Chaque matin, je sors ce petit feutre noir pour habiller mon regard.

Adolescente, j’ai rapidement su que j’aimais les filles. J’ai eu un rapport flou à ma sexualité pendant longtemps, car si je savais que je n’étais pas hétéro, mon rapport aux hommes n’était pas pour autant défini.
Aux prémices de l’envie de plaire, j’ai longtemps eu du mal à savoir par qui j’avais envie de me faire remarquer, quels codes et critères de beauté j’avais envie de renforcer. Longtemps, j’ai malgré moi eu envie de plaire aux hommes, qu’ils me trouvent jolie, me désirent. Et même si je partageais mon quotidien avec des femmes, je gardais honteusement cette envie quelque part dans mon esprit.

Quand je me suis autorisée à vivre ma sexualité, mes attirances, et me dire lesbienne, mon rapport à l’apparence et la féminité a changé.
Chaque matin, j’ai continué à sortir ce petit feutre noir pour habiller mon regard, mais j’ai changé de manière de procéder. Parfois outrancier, parfois avec des étoiles, ma queerness m’a libérée.
J’ai adopté une féminité qui me correspondait, j’ai testé les tenues les plus légères aux plus sobres.

J’ai continué d’apprécier ce geste du quotidien, mais cette fois plus affirmée, confortable dans ma sexualité.

Auteure : Fanny, 23 ans, Bruxelles

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R.

Et d’autres récits

Rien n’est figé

Scan-R mène parfois des ateliers d’expression dans le cadre de projets spécifiques, comme le projet « Argent en mots » consacré à l’éducation financière. L’objectif du projet : permettre aux jeunes...

Le vol qui a duré 10 minutes

Durant nos ateliers, nous proposons aux jeunes d’écrire un texte en partant de cette phrase au sens ambigu : « Le vol avait duré 10 minutes ». L’objectif : leur montrer que la créativité peut être...

L’auto-pression !

La jeunesse d’aujourd’hui c’est la pression que l’on s’inflige pour notre avenir et que les profs nous inflige également. Les profs souvent ne prêtent pas attention à notre mal être. Ils ne se...

Raconte un bout de ton histoire

Des MENA (= Mineur·e étranger·e non accompagné·e) et leurs encadrant·es ont été invité·es à s'exprimer sur leur histoire migratoire, dans un atelier PCI chez Interra. Noura, 16 ans, Liège Le plus...

Le silence après toutes les réponses

Et si tout devenait trop facile ? Et si plus rien ne pouvait vraiment me surprendre ? A première vue, être la personne la plus intelligente au monde semble être un rêve. Pourtant, je pense que je...

Après l’info

Scan-R part à la rencontre des adolescent·es. Cette fois, l'objectif est de se concentrer sur le journalisme actuel. Après l'exposé, les jeunes font part de leurs réflexions.  TV dégoût, Ella, 17...

L’agénésie du corps calleux

Le plus fou dans ma vie est de ne pas trouver de remède à l’agénésie du corps calleux. Pourquoi j’écris ça ? De un, j’ai cette malformation. De deux, cette maladie est rare (exemple : il manque une...

Le revoir

Ce qui me manque le plus c’est mon père car ça fait 5 ans qu’il est décédé. Et ça fait 6 ans que je ne l’ai pas vu. La dernière fois que je l’ai vu, c’était quand j’ai dû quitter mon pays en 2020....

La critique, toujours ?

Scan-R rencontre des adolescent·es dans une école verviétoise. Ces jeunes s'expriment alors au sujet du regard des autres.  La critique, toujours ?, Florian, 16 ans, Verviers Il y aura toujours des...

Les bienfaits de l’écriture et musique

La musique m’apaise. En l’écoutant, je me coupe du monde extérieur, je reste dans ma bulle. J’aime être zen, en écoutant de la musique. Et pourquoi écrire me fait du bien ? J’aime écrire au sujet de...