Comme vous devez le savoir, plus on est face à des moments difficiles à un jeune âge, plus on est mieux armé en grandissant.

Je dois aussi vous faire savoir qu’avant cette année-là, j’étais passionnée par l’école, j’adorais aller à l’école. J’étais une étudiante, élève exemplaire comme on dit, et grâce à cela, j’ai toujours été appréciée par mes professeurs. Ils me félicitaient très régulièrement et m’encourageaient à m’améliorer. Au fil du temps, je suis très rapidement devenue dépendante de leurs commentaires et la qualité de mon travail était souvent proportionnelle à mon « amour » de leur cours. Mon année rétho a bouleversé ma vie. J’ai été face à une prof raciste et sans pitié. Si la persévérance ne faisait pas partie de mes qualités, j’aurais probablement raté mon année (chose qui ne m’est jamais arrivée et qui était juste inconcevable pour moi).

Contrairement à tous mes autres profs, celle-ci ne m’aimait pas. Cela me frustrait au plus haut point et m’a valu plusieurs nuits blanches dans ma quête du pourquoi ? Ayant l’image d’une bonne élève, je ne comprenais pas pourquoi elle ne m’aimait pas. Pour moi, la carte du racisme m’était inconcevable. C’est une prof, elle ne peut pas être raciste, elle doit être juste.

Si seulement le monde était juste. Au fur et à mesure que les semaines et les mois s’écoulaient, elle me lançait des pics de plus en plus provocantes et blessantes. J’ai littéralement passé des nuits à me torturer la tête, à pleurer d’être sa cible. J’ai eu le courage d’en parler à mon entourage et ils ont su mettre les mots sur ma situation, j’étais victime de racisme par ma prof tutrice à l’école.

Dès cette révélation, j’ai dû changer d’approche, essayer de détacher mes émotions à ma situation scolaire. Avant, lorsque j’avais des bons points, j’étais heureuse, lorsque j’en avais un mauvais, j’étais triste, en colère.

J’ai changé tout cela, je m’en suis libérée. Si ma prof ne m’aimait pas et bien c’est son problème, pas le mien. Certes, elle a essayé de me mettre des bâtons dans les roues mais ça n’est pas ma seule prof et je ne devrais pas me focaliser sur ce seul aspect négatif de toute ma situation scolaire. Toute cette histoire difficile, au début, est devenue une force pour moi. Je ne dépends plus de l’avis des gens.

Je suis Hawa et je serai telle que je suis. Les autres me prendront telle que je suis et si ma couleur de peau, mes origines, la couleur de mon vernis leur déplaisent et leur causent un problème ; qu’ils gèrent ça tout seuls. Je n’ai pas besoin de le savoir car je ne changerai pas pour plaire à quelqu’un. Plus jamais.

Auteure : Hawa, 20 ans, Bruxelles

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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