J’ai eu une scolarité plutôt tranquille dans le sens où je n’ai jamais eu de grandes difficultés pour réussir. Une fois sortie de secondaire générale, je me suis empressée d’aller à l’université pour commencer des études de logopédie. Je n’étais pas trop sûre de mon choix, je savais juste que mon entourage me voyait bien là-dedans, le métier semble correspondre à certaines de mes attentes et l’université offre un prestige qui assure une belle place dans le monde du travail semble-t-il. Faudrait-il donc que je me pose plus de questions pour me lancer ?

Après 3 ans d’étude et avoir obtenu tant bien que mal mon bachelier, je peux vous assurer que oui ! La preuve : je ne ferai pas le Master pour obtenir le titre de logopède, et je ne compte pas remettre les pieds dans une université belge en tant qu’étudiante de sitôt.

La raison ? En réalité, il y en a plusieurs. Au fil des années, j’ai réalisé que la pédagogie de l’enseignement ne me convenait pas et me faisait petit à petit sombrer dans une angoisse intense de pouvoir être à la hauteur des exigences externes mais aussi les miennes. En effet, la charge de travail était tellement énorme que je n’avais plus le temps de me poser la question : « Pourquoi ? ». Pourquoi au final j’apprends cela ? Dans quel but ? Que vais-je faire de toutes ces informations ? Que vais-je faire après ? Comment vais-je prendre ma place ? Est-ce seulement fait pour moi ?

Et là, je me suis rendue compte que petit à petit, j’avais perdu sens en mon choix d’étude et à chaque point de matière que j’étudiais tous les jours. J’ai réalisé que toute ma vie, j’avais appris pour apprendre mais sans un but précis sans un goût particulier à l’apprentissage. Et pourtant, paradoxalement j’ai toujours aimé apprendre, tant que ce n’était pas au sein du système scolaire.

En fait, la quantité de matière était tellement énorme qu’il fallait faire des choix : je fais le choix de connaître la partie de matière qui devrait tomber à l’examen et non celle qui m’intéresse le plus ou qui me servira dans ma vie professionnelle. Un sentiment de pas pouvoir aller au bout des choses et d’incompétence grandissait au fil des jours, des mois, des années.

Au final je suis perdue.

J’ai su que je ne pouvais plus continuer comme cela, j’avais besoin, c’était vital de dire STOP. Non, je ne veux pas être l’ombre de moi-même et continuer dans un chemin que je sentais ne pas être le mien. Cette décision créa un moment charnière dans ma vie : OK, je veux arrêter et quoi ? Que fais-je à la place ? Où vais-je ? Comment m’y prendre ? Et surtout, comment l’annoncer à ma famille ? Comprendront-ils ? Et puis en arrêtant, je pouvais penser que j’ai perdu 3 ans de ma vie ? Vais-je oser faire le pas ? J’ai pas le choix si je veux rester en vie.
Au final, j’ai eu de la chance car même si mes parents étaient réticents au débat. Ils ont compris que je ne savais pas faire marche arrière : la question de l’orientation était devenue un poids pour moi trop lourd à porter. D’ailleurs, j’ai voulu aller trop vite en allant au SIEP et en me renseignant sur les Master envisagés pour moi avec mon bachelier. Résultat : j’ai fondu en larmes.

A ce moment-là, j’ai réalisé que je ne pouvais pas me relancer dans des études 3 mois plus tard, j’avais besoin de prendre du temps pour me reconstruire et prendre le temps de poser un choix éclairé. J’ai alors fait la formation Tremplin proposée à IFF Europe qui m’a permis de reprendre confiance en moi, m’exprimer et me questionner sur mon orientation future. Par la suite, j’ai commencé un Service Citoyen.

Si j’avais un conseil à donner, ce serait de s’accorder du temps pour choisir son orientation et le type de formation en fonction de nos besoins et attentes. Et n’ayez pas peur de changer de voie quel que soit votre âge. L’important est de s’écouter soi.
Pour avoir une expérience plus pratico-pratique, un an après le premier essai, j’ai retenté le Salon SIEP avec une position d’ouverture à ce qui était montré de pair en dehors de l’université ou la Haute école. Et croyez-moi ce fut une expérience totalement différente et très enrichissante.

Auteure : Lison, 21 ans, Liège

CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

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