J’ai longtemps cru que je faisais le bien, que j’agissais toujours en connaissance de cause. J’ai nourri l’illusion douce et réconfortante d’avoir raison, simplement parce que mon cœur était tourné vers le bien.

Mais quelle amère déception…

J’ai découvert que vouloir le bien d’autrui ne signifie pas nécessairement le lui offrir. Certains ne veulent pas d’aide, certains n’ont pas les mêmes envies que nous. Il en est même qui vivent sous des étoiles étrangères, avec des repères qui échappent à ma compréhension.

Et moi, j’en ai fait l’amère expérience.

En psychologie, on me qualifierait de Sauveur. Ce rôle fait partie du triangle dramatique de Karpman, qui décrit trois comportements : le Sauveur, la Victime, et le Persécuteur, des rôles qui s’inversent souvent.

J’ai aimé trois femmes. Trois femmes formidables, mais qui traversaient des situations de vie complexes… Instinctivement et sans en avoir pleinement conscience, j’ai voulu les sauver, leur prouver mon amour en les aidant.

Mais le Sauveur, tel un alchimiste maladroit, transforme parfois l’or en plomb : être un Sauveur mène presque inévitablement à une perte de responsabilités chez l’autre, à l’isolement, à la délégation systématique, et finit par transformer le Sauveur… en Persécuteur.

Quelle ironie, n’est-ce pas ?

Ces bonnes intentions qui se muent en chemins vers l’enfer.

Même si ma nature m’incitera toujours à vouloir aider les autres, je dois accepter que ce n’est pas toujours mon rôle, aussi difficile soit-il. La bonté n’est, après tout, qu’un référentiel propre à chacun.

N’oublions pas que Dieu permet les horreurs et que Lucifer… était, avant tout, un ange.

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Auteur : Robin, 21 ans, Flémalle

Cet article a été produit lors d’un atelier Scan-R.

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