Depuis que j’ai un enfant, la vie est plus belle. Quand j’ai vu ce petit être tellement vulnérable, tellement dépendant, je me suis rappelée qu’un jour, j’ai été dans ce cas. Qu’un jour, je regardais mes parents comme ça aussi. C’est là que l’idée qu’il puisse vivre la même épreuve que moi m’a traversé. J’ai revu ma mère voulant me prostituer, ma mère me donner des aliments avariés, me souvenir de ses regrets de m’avoir eue, le fait que j’existe simplement pour qu’elle obtienne les allocations familiales. Et je me suis rappelée qu’elle m’a détruit le mental, qu’elle m’a mis dans la tête que j’étais nulle, que je ne suis qu’une femme qui couche avec tout.
Sauf que quand j’ai vu cette enfant, mon enfant, j’ai réalisé que je me battrai jusqu’au bout du monde pour lui. J’ai su, à cet instant, où son regard a rencontré le mien, quand sa main s’est posée sur la mienne, quand il a tenu mon doigt et qu’il s’est endormi sur mon ventre, que je lui donnerai cette vie qui ne m’a jamais été octroyée.
Petit conseil, avertissement, et message d’espoir pour toutes les femmes qui ont vécu un passé douloureux : Ne laissez jamais personne vous dicter vos choix, votre tenue, votre caractère, car c’est ça notre force, notre personnalité. Les personnes qui vous mettent à mal, qu’elle soit de la famille ou même d’un entourage qu’on apprécie, n’ont pas le droit de nous délabrer et dénigrer de la sorte. Alors, même si l’espoir est semi perdu, que l’âme est fracturée, vous pouvez continuer de regarder le monde dans le regard de cette enfant et rappelez-vous qu’il sera toujours là à vous aimer et voir en vous le héros de demain dans sa vie.
Auteure : Eilika, 22 ans, Bastogne
CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

