Dans le cadre du projet « Jeunesse Verviétoise », des jeunes verviétois·es ont pu s’exprimer à propos de ce qu’ils·elles vivent actuellement et la ville où ils·elles habitent : Verviers.
Etre jeune aujourd’hui, à Verviers, c’est se sentir appartenir à un groupe comme par exemple Verviers VS Heusy, ou entre-deux.
Quand on est entre-deux, on peut ne se sentir à sa place que chez soi, si on oublie les voisins, ce qui n’est pas chose aisée quand les odeurs s’insinuent et s’incrustent chez nous entre les lattes du plancher.
C’est se poser aussi la question d’où déménager : choisir entre un loyer raisonnable et un quartier agréable, parfois n’obtenir aucun des deux, le comble. Grandir à Verviers, c’était ne pas pouvoir sortir seule, héritage toujours ancré dans le présent.
Être jeune à Verviers, c’est se demander où sortir et finir par scroller sur Quefaire.be et ne pas se sentir inspiré donc finir la soirée sur le canapé.
Être jeune à Verviers, et plus largement jeune tout court, c’est observer et interagir avec le monde à travers une petite fenêtre de 6 pouces. C’est être inspiré, subjugué parfois, puis, revenir à la réalité. Le matin, le train, les mendiants, le trajet vers Liège, parfois des gens pas contents. Un rayon de soleil, la pluie, le vent, le bruit des travaux, les va-et-vient du matin, devant les écoles, l’arrivée à l’université puis la fatigue qui cache tout de même un certain épanouissement. Enfin à ma place.
Qu’adviendrait-il si j’échouais et si je ne pouvais plus me réinscrire ? La pression qu’on s’auto-inflige, après les injonctions des réseaux sociaux, remue le couteau dans la plaie. Un jour, je quitterai Verviers, mais je ne sais pas où j’irai. Et quand je partirai, je ressentirai toujours cette nostalgie de mes jeunes années, le cœur serré, j’en suis persuadée.
Auteure : Anonyme, 19 ans, Verviers
CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

