Cœur blessé, souffre le corps
Il y a des fois, on ne se rend pas compte de tout le bien qu’on peut faire pour aider les gens, simplement avec le cœur. Écouter, partager un café, entendre leurs douleurs et toutes les blessures que la vie leur a infligées…
Il y a aussi des fois où l’on ne se rend pas compte de tout le mal qu’on peut causer aux autres — par les critiques, les jugements, les insultes ou les coups qui blessent l’âme. Beaucoup oublient que lorsqu’un cœur est blessé, c’est tout le corps qui souffre.
Comme je l’ai déjà écrit, la vie ne fait pas toujours de cadeaux. Parfois, on pleure en silence devant tout ce qui se passe dans le monde. Comment sécher nos larmes quand notre cœur est brisé ? Quand la douleur nous ronge au plus profond de nous ?
Il arrive que la vie nous casse, que certaines personnes nous détruisent, et qu’on garde le silence pour ne pas montrer la souffrance qui nous habite. On croise des hypocrites qui se croient supérieurs, et peu à peu, on s’étouffe dans notre propre vie, respirant un air lourd et sale.
Parfois, on est tellement bouleversé qu’on a peur d’avancer dans un monde où l’on se sent invisible. C’est insoutenable de voir des enfants pleurer, de les voir grandir dans la souffrance tandis que la société ferme les yeux sur la douleur de tant de familles.
Il arrive que notre cœur soit tellement déchiré que la seule pensée qui nous apaise est celle de partir dans les étoiles, de quitter ce monde glacé. Trop de gens meurent dans la rue, trop de familles s’éteignent dans l’indifférence.
Chaque mot peut blesser. Chaque insulte peut détruire. Chaque coup peut briser une âme. Un enfant harcelé, humilié, frappé, à qui l’on jette son cartable et déchire ses cahiers, peut finir par croire que la seule issue est de quitter ce monde cruel.
Voilà pourquoi chaque vie mérite respect et douceur. Parce que vivre est déjà une épreuve. On subit tant de souffrances que parfois on se demande pourquoi l’on existe encore. L’injustice nous étouffe, la colère nous ronge, et nos larmes deviennent notre seule compagnie.
Où est passée l’humanité en 2025 ? Comment peut-on détourner le regard devant tant d’êtres humains qui dorment dehors ?
Où est la dignité, où est le respect ?
NDLR : Parfois, Scan-R partage la parole des personnes ayant plus de 30 ans. Elles écrivent au sein d’institutions en lutte contre la précarité.
Auteur : Willy, 58 ans, Charleroi
CET ARTICLE A ÉTÉ PRODUIT LORS D’UN ATELIER SCAN-R.

